Bienvenue chez Noggins Corner

Longévité de la ferme par l’adaptation.

Bienvenue chez Noggins Corner

Longévité de la ferme par l’adaptation.

Si la survie est l’étalon de mesure, peu ont eu tant de succès que Noggins Corner, la ferme de la famille Bishop de Greenwich, en Nouvelle-Écosse. Les générations de la famille y ont cultivé la terre depuis 1760 quand les Britanniques octroyèrent à John, Timothy et William Bishop 1000 acres dans la vallée d’Annapolis le long de la rivière Cornwallis.

La ferme était en terre acadienne jusqu’à 1755, l’année de la déportation des Acadiens. Évangéline, le tragique poème épique d’Henry Wadsworth Longfellow décrivant l’événement, se déroulera dans le village de Grand-Pré, à 6 kilomètres à peine de là.

Il est difficile de saisir toute l’évolution enregistrée depuis la fondation de la ferme, il y a un quart de millénaire. Après tout, l’histoire commence un siècle avant la naissance du Canada.

Siècles de pommes. « Pendant les siècles où les Bishop ont cultivé cette terre, nous sommes passés du broutage sur terre endiguée à l’élevage de vaches laitières, dit Beth Pattillo, l’épouse du directeur actuel de Noggins Corner, Andrew Bishop. Nous avons encore une opération laitière qui est dirigée par le frère d’Andrew, Stirling. Mais depuis 256 ans, nous avons principalement fait des cultures horticoles, la pomme surtout. »

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Le nom de Noggins Corner est venu des pots (noggins) de rhum qu’ils vendaient aux voyageurs vers Halifax qui
attendaient de traverser la rivière Corn-wallis, explique Mme Pattillo. S’ils arrivaient au mauvais moment, l’attente était longue. La rivière est une barre et les énormes marées de plus de 12 mètres de la Baie de Fundy se succèdent aux 12 heures. Les Bishop servent encore aujourd’hui les visiteurs à leurs magasins de ferme mais la seule boisson alcoolisée qu’ils peu-vent aujourd’hui vendre est le cidre.

Les grandes crises. En dépit de sa longue existence, la ferme a affronté ses pires crises en 2002 en essayant de trouver des façons de soutenir tous les 10 membres de la famille, dit Mme Pattillo. Avard Bishop et son épouse, Sandy, les propriétaires actuels, prirent la relève en 1955. Mais au tournant du siècle, deux de leurs fils, Andrew et Stirling, avaient pris d’importants rôles de direction ; Andrew est chargé des opérations horticoles de la ferme tandis que Stirling exploite l’entreprise laitière comme entité distincte.

« Une seule culture ne suffisait pas à soutenir tous les membres de la famille et nous avons fait un effort conscient pour nous diversifier, dit Mme Pattillo. Notre plus importante culture demeure la pomme. Nous avons des vergers à haute densité de nouvelles variétés telles que Honeycrisp, Gala et Ambrosia. Nous avons aussi quelques variétés très anciennes
telles que Cox Orange pour la saveur qu’elle ajoute à notre cible. Notre plus grande culture suivante est le maïs. Nous cultivons aussi des pêches, des prunes et des cerises, en plus des framboises et des nombreux légumes. »

Les opérations horticoles sont divisées en multiples entités sous la direction générale d’Andrew. Noggins Corner est la principale opération de culture et King’s Produce s’occupe du marketing et du camionnage. Patricia, la fille d’Andrew, s’occupe de Taproot Farms, un centre communautaire organique à 500 parts exploité comme entreprise distincte.

L’opération a une base de marketing très diversifiée mais vise surtout la vente directe à ses quatre magasins de ferme, dit Mme Pattillo. Ils vendent à toutes les grandes chaînes d’épicerie de la région de l’Atlantique et à des clients de la Nouvelle-Angleterre et de l’Ouest du Canada. Un service alimentaire avec Sysco et la vente au gros aux autres magasins fournit des débouchés. « Pour que la ferme demeure viable à long terme, elle doit le demeurer sur trois fronts, dit Mme Pattillo. Nous devons être viables selon une perspective des ressources humaines, financières et environnementales. La terre et l’eau sont nos plus grandes ressources ; nous avons intérêt à bien nous en occuper. »

Intérêts diversifiés. Madame Pat-tillo dit que l’opération fonctionne en mettant à profit les divers secteurs d’intérêt et d’expertise de chacun. Cela élargit nos horizons.

« Andrew est notre chef et dirige l’orientation des ressources, dit Mme Pattillo. Patricia dirige Taproot Farms ; Carolyn, la fille d’Andrew est notre directrice du bureau et des finances ; Melissa s’occupe de l’entrepôt et de la supervision des marchés agricoles ; Bill s’occupe du camionnage, Dwaine gère les vergers et je m’occupe d’agrotourisme. Nous ne sommes pas toujours d’accord et il y a parfois des prises de bec, mais en dernière analyse, nous respectons tous les talents de l’un et l’autre. »

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