Bienvenue!

Ces agriculteurs invitent les visiteurs à voir la vraie nature de la ferme.

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Ces agriculteurs invitent les visiteurs à voir la vraie nature de la ferme.

Il est facile de proclamer n’avoir rien à cacher. C’est autre chose d’installer une fenêtre dans le mur d’un bâtiment et d’inviter les gens à venir voir ce qui se passe. Stefan Teepker l’a fait dans un de ses poulaillers, ajoutant une grande affiche qui invite les visiteurs à venir voir.

Son poulailler—l’un d’une douzaine d’autres dans lesquels lui et trois partenaires élèvent 3,2 millions de poulets par année—longe la route qui relie Handrup avec une ville avoisinante de l’Allemagne. Il a investi environ 25 000 € (36 000 $) pour y annexer une salle à mur vitré, écran vidéo, nourrisseurs et abreuvoirs et échantillons d’ingrédients alimentaires.

À vous de décider. Lui et son frère Mathias s’affairent déjà à raconter l’agriculture commerciale moderne sur Facebook et YouTube. Ouvrir le poulailler répond à une inquiétude des médias sociaux : il est facile de prendre une photo quand tout va bien, mais qu’arrive-t-il quand la caméra est fermée ?

« Nous pouvons maintenant dire ‘À vous de décider le moment de votre visite’ », souligne M. Teepker.

La salle est ouverte 24 heures par jour. Les visiteurs peuvent observer les poulets et lire les données sur les oiseaux—leur âge, le moment de leur introduction, ce que M. Teepker et son personnel ont fait avec eux cette semaine, et quand ils iront à l’abattoir.

Stefan et Margit Teepker dans leur salle d’observation qui ouvre la ferme aux visiteurs fascinés.

Stefan et Margit Teepker dans leur salle d’observation qui ouvre la ferme aux visiteurs fascinés.

Ils peuvent même acheter à une autodistributrice réfrigérée des boîtes de poulet de la ferme ou des oeufs et de la viande locale. M. Teepker calcule que des ventes d’environ 15 € (22 $) par jour suffiront à payer la machine de 15 000 €, qui peut être chargée de boîtes de 4,5 kilos. Jusqu’ici, le poulet à barbecue et le saucisson—à des prix rivalisant avec les supermarchés—ont connu une forte demande.

La salle d’observation fut inaugurée en août lors d’une cérémonie couverte par la télé et le journal local, et deux publications agricoles. La première semaine, 250 visiteurs y sont venus. Le dimanche est le jour de visite le plus populaire.

Son but est de s’assurer que ses voisins sachent qu’ils peuvent acheter du poulet d’élevage commercial, que les oiseaux sont bien traités et que les producteurs sont consciencieux.

« Les gens achètent ce qu’ils aiment, explique-t-il. Nous voulons tout simplement leur montrer comment nous produisons leur nourriture.

« Si vous voulez un oiseau pour 2,50 €, le voici, ajoute-t-il. Si vous en voulez un qui peut aller dehors, vous le pouvez, mais vous devrez payer 20 €. À vous de décider. »

Responsabilité ? M. Teepker dit que la plupart des producteurs de volailles appuient ses efforts. « D’autres disent ‘Mais voyons, ce n’est pas votre responsabilité—laissez quelqu’un d’autre s’en occuper’ ».

Frank Mitloehner, un professeur de l’université de Californie, Davis, dit que les producteurs doivent livrer eux-mêmes le message.

« Les relations publiques ne le peu-vent pas, dit-il. Ils veulent l’entendre des producteurs. Sinon, ils se disent qu’il y a quelque chose de louche. »

Monsieur Mitloehner divise les consommateurs en 3 groupes—les 95 % qui sont satisfaits de l’approvisionnement alimentaire, les 4 % qui sont inquiets de la production organique et du bien-être des animaux, et le 1 % qui veut mettre un terme à toute production animale.

« Le groupe de 1 % ne peut être apaisé, souligne-t-il. Les producteurs doivent donc s’assurer que les autres 99 % savent ce qu’ils font. »

Ce sont eux qui doivent voir les fermes modernes attachant une grande importance à la propreté et au bien-être, ajoute-t-il.

Visiter M/M Feedlot et Three Rivers Calf Ranch près de Parma, dans l’Idaho, serait utile à plusieurs de ces consommateurs. Les propriétaires Darin Mann et son père Kent ont beaucoup d’expérience à accueillir les visiteurs avec le même niveau de soins qu’ils prodiguent aux 20 000 veaux et génisses qu’ils élèvent pour une demi-douzaine de fermes laitières.

Kent et Darin Mann ont créé un parc de visite au centre de leur cour.

Kent et Darin Mann ont créé un parc de visite au centre de leur cour.

ls ont même construit un parc de 6000 mètres au centre de la cour pour les visites et les barbecues. Un projet hardi, mais leur programme agressif de nettoyage, de compostage et de mesures de contrôle de la poussière garde les odeurs et les mouches à un minimum absolu. Cela suffit à changer l’opinion que les gens ont des cours d’affouragement—et Darin Mann croit que cela a été la clé de leurs bonnes relations avec les voisins, les employés, les régulateurs et même les activistes locaux.

Il mentionne une femme réputée pour son opposition féroce à toute expansion agricole dans la région et que les Mann ont accueilli au parc. Quand la famille a fait une demande de permis pour étendre sa capacité, elle prit la parole lors d’une audience publique et appuya la croissance de l’opération.

« Il faut être au-delà de tout reproche, dit M. Mann. Nous n’avons rien à cacher. Nous avons des visites toute l’année—nous aimons montrer aux gens que nous pouvons produire correctement la nourriture et la fibre dont ils ont besoin. »

Première étape. En Allemagne, M. Teepker dit que l’expansion est peu probable dans sa région. Mais il importe d’amorcer le long processus de bâtir le soutien local et national pour la production animale.

« Je crois que nous devons montrer comment nous produisons 90 à 95 % de la viande, dit-il. Ce n’est que la première étape pour amorcer une discussion qui ne sera jamais finie. »

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