C’est dans l’air

Les organismes de réglementation flairent l’ammoniac.

C’est dans l’air

Les organismes de réglementation flairent l’ammoniac.

L’exigence de l’Idaho voulant que les producteurs laitiers utilisent les meilleures pratiques de gestion pour contrôler les émissions d’ammoniac peut fournir un aperçu de l’avenir. Elle a aussi amorcé une recherche qui pourrait un jour épurer l’air des fermes laitières.

L’ammoniac réagit avec l’azote et les oxydes de sulfure pour former une fine matière particulaire pénétrant en profondeur dans les poumons. Le vent peut l’amener aux écosystèmes sensibles, amplifiant les niveaux d’azote du sol et perturbant l’équilibre naturel des espèces.

Nouvelle compréhension. Les producteurs de l’Idaho doivent utiliser les meilleures pratiques de contrôle s’ils produisent plus de 100 tonnes d’ammoniac par année, dit April Leytem, pédologue du (USDA-ARS) à Kimberly, Idaho. En coopération avec l’Idaho Dairymen’s Association, elle a étudié les émissions d’ammoniac de trois grandes fermes laitières de l’Idaho – une de 700 vaches et une de 10 000 vaches à l’extérieur, et une de 10 000 en stabulation libre.

« Peu importe la taille de l’entreprise, dit Mme Leytem. Que vous ayez 700 ou 10 000 vaches, la quantité d’ammoniac par bête demeure essentiellement la même. » Le chiffre magique est d’environ 140 grammes d’ammoniac par vache, par jour.

La stabulation libre permet le nettoyage fréquent qui réduit les émissions d’ammoniac.

La stabulation libre permet le nettoyage fréquent qui réduit les émissions d’ammoniac.

Une autre constatation importante est que les émissions varient durant la journée, en fonction de l’urine fraîche, de la température et de la vitesse du vent. L’échantillonnage des émissions d’ammoniac doit donc être fait sur au moins 24 heures, fait-elle remarquer. Les résultats varient aussi selon les fluctuations saisonnières.

Système global. « Il faut bien se rappeler qu’avec l’ammoniac, on doit examiner tout le système de production », fait-elle remarquer.

Les opérations en parc sec perdent 78 % de leur ammoniac sur place, alors que celles à stabulation libre feraient mieux de se concentrer sur les installations de stockage du fumier. Le stockage couvert et l’injection au champ réduisent aussi l’ammoniac.

Il est bon de séparer le fumier (qui contient l’uréase produisant l’ammoniac) de l’urine (qui contient l’urée) — les planchers à lattes et le nettoyage fréquent réduisent les émissions dans le bâtiment. L’acidification du fumier aide à décomposer l’urée en ammonium disponible pour les plantes plutôt qu’en ammoniac volatile, mais c’est un processus coûteux.

Selon Mme Leytem, réduire la protéine brute et ajuster les aminoacides de la ration peut être la méthode la plus efficace pour réduire l’ammoniac. L’ajustement des rations par âge et cycle de lactation aide également.

L’étude d’April Leytem, pédologue, a aidé les producteurs de l’Idaho à respecter la réglementation.

L’étude d’April Leytem, pédologue, a aidé les producteurs de l’Idaho à respecter la réglementation.

À ce point, la plupart des producteurs des USA n’ont pas à investir dans les mesures de réduction de l’ammoniac, dit Albert Heber de l’Université Purdue. La plupart n’auront qu’à rapporter leurs émissions plutôt qu’à les abaisser, au début du moins.

« Cela n’en vaudrait probablement pas la peine pour le moment, à moins que le programme de l’Idaho se généralise », souligne M. Heber.

Dans ce cas, les producteurs surveillant l’Idaho assisteront à une grande avant-première.

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