Floc!

Les bouses peuvent en dire long sur la santé de vos bêtes.

Floc!

Les bouses peuvent en dire long sur la santé de vos bêtes.

Les producteurs consacrent beaucoup d’efforts à optimiser les rations, espérant que ce que les vaches avalent contribuera à leur santé et à la production de lait. Mais ce qui en ressort peut aussi en dire très long.

En fait, noter l’état et le contenu d’une bouse est une façon rapide et efficace de vérifier la santé de la vache et de s’assurer qu’elle tire une pleine valeur de sa ration. La texture d’une bouse fraîche peut fournir de bons indices sur le fonctionnement de son rumen, si sa pâture traverse trop rapidement son système, ou si elle souffre d’acidose.

Triage du fumier. Mike Hutjens, conseiller laitier émérite de l’Université d’Illinois, recommande l’examen du fumier en faisant marcher le troupeau pour vérifier la boiterie et évaluer l’état physique. « Vous pouvez facilement recueillir tous les pointages en même temps », fait-il remarquer.

Dans son étude intitulée Manureology 101, M. Hutjens présente un système d’évaluation à cinq niveaux développé à l’Université Michigan State. Le pointage idéal pour une bouse fraîche est de 3, dit-il — celle qui fait ‘floc’ au contact du plancher de béton, contient peu de particules de grain ou de fibres, fait environ 3,75 cm de hauteur, et forme plusieurs cercles concentriques couronnés d’une pointe centrale.

Pointage 1 – Consistance de la soupe aux pois et éjection en arc. L’excès de protéines, d’amidon ou de minéraux peut en être la cause. Ou bien un manque de fibres ou un pathogène causant la diarrhée.

Pointage 2 – Coule et éclabousse en frappant le sol. La bouse fait moins de 2,50 cm de hauteur et peut signaler un besoin de fibres. Aussi commun chez les vaches en pâturage riche.

Pointage 3 – La bouse idéale pour une vache en lactation.

Pointage 4 – Texture épaisse et plus de 5 cm de hauteur. Reflète habituellement un manque de protéines, comme chez les taures plus âgées ou les vaches taries nourries au fourrage de moindre qualité.

Pointage 5 – Sec et forme des boules. La déshydratation ou une diète à base de paille peuvent en être la cause. Ou encore une obstruction digestive ; ce pointage donne lieu à un examen.

Monsieur Hutjens suggère d’envisager les pointages en termes d’individus et de troupeau. Si le pointage général est d’environ 3 mais qu’un groupe de vaches est à 2, sont-elles malades ? Trient-elles leur ration ?

Grain gaspillé. Examinez bien la bouse. S’il s’y trouve des fragments de grain, la vache a évacué la meilleure partie de son alimentation avant d’en retirer tous les bénéfices.

Alejandra Vergara, vétérinaire chez Alltech, avise les producteurs de la région de Waikato, en Nouvelle-Zélande, sur l’inspection du fumier. Elle examine la bouse au sol, puis sasse les spécimens à travers trois cribles de différentes grosseurs pour observer ce que la vache n’a pas digéré.

« Si l’on y trouve du grain bien moulu, on sait qu’une grande partie de l’énergie alimentaire a tout simplement traversé le rumen pour aller directement à la sortie », dit-elle. Une alimentation différente peut s’imposer.

Monsieur Hutjens souligne que les grains mitadinés se retrouvant dans le fumier peuvent être trop difficiles à digérer — dans l’ensilage mature, par exemple — ce qui peut indiquer le besoin d’un broyage plus fin.

Ils peuvent aussi indiquer un passage trop rapide dans le système digestif. Servir des particules de fourrage de plus de 3,75 cm crée un tapis au rumen qui ralentit le passage du grain et favorise une digestion plus complète de l’amidon dans le rumen. Il est alors converti en acide gras volatile favorisant la production de lait.

Rumination. « La présence d’un tapis dans le rumen devrait permettre d’accroître la rumination, souligne M. Hutjens. Il stimule la production de bicarbonate de soude dans la salive, ce qui modifie le pH du rumen. »

En service de consultation, le fignolage de la ration, l’ajout d’une culture de levure et le mélange de particules fourragères plus longues ont aug­menté les rendements de 1,80 kilogramme en seulement trois semaines.

L’étape suivante après l’examen consiste à envoyer un échantillon de bouse à un laboratoire d’essai pour analyse. Un nombre empirique peut être une mesure utile du succès alors que vous analysez les effets des changements dans votre ration.

« Si un producteur peut réduire la teneur en amidon fécal de 7 à 6 %, nous pouvons alors anticiper une augmentation d’environ 0,30 kilogramme de lait par jour provenant de l’énergie récupérée, ajoute M. Hutjens. L’inverse est tout aussi vrai. »

Si l’amidon fécal atteint 5 %, l’analyse trimestrielle peut rapporter, dit-il.

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