Gardiennes De Leurs Frères

La ferme crée un nouveau marché pour les poussins mâles.

Gardiennes De Leurs Frères

La ferme crée un nouveau marché pour les poussins mâles.

Les oeufs organiques étaient un bon choix quand les familles Bauck et Bremer reprirent Bauckhof Klein Sustedt, ancienne ferme d’Uelzen, en Allemagne. Ils sont payants et se transportent bien sur 95 kilomètres vers la riche clientèle d’Hambourg.

Éthique personnelle. Aujourd’hui, la ferme loge non seulement les deux jeunes familles mais aussi 10 000 poulets de plein air, 900 dindons, 51 taureaux, 7600 pondeuses et 4000 de leurs frères—la base même de l’initiative nationale allemande Bruderhahn.

“Bruderhahn” signifie “coquelet-frère”. Les Bauck et Bremer se rebutaient à l’idée d’éliminer les poussins mâles en regarnissant les stocks de pondeuses mais n’avaient aucune raison valable de les garder en vie.

Le rapport de valorisation de 5,5 des coquelets représente moins du tiers de l’efficacité alimentaire du poulet à rôtir. Selon Christine Bremer, lors des premiers calculs d’élevage commercial des coquelets, ils ont déterminé que chaque oiseau coûterait à la ferme 10,50 € (14,50 $), même après la vente des oiseaux comme viande à ragoût.

« Peu importe sa croissance, dit Mme Bremer, le frère ne devient jamais assez gros pour récupérer la perte de la production des oeufs. »

Subvention de la soeur. En 2012, les Bauck et Bremer instituèrent une subvention novatrice pour les magasins organiques vendant leurs oeufs.

« Si une pondeuse produit 250 oeufs et que chacun coûte 4 cents de plus, elle peut payer pour la survie de son frère », explique Mme Bremer.

Lançant le slogan “4 cents pour l’éthique”, Bauckhof Klein Sustedt lança en 2013 son initiative Bruderhahn. Depuis lors, chaque oeuf de la ferme—habituellement vendu au détail à Hambourg entre 45 et 50 cents, ou le double de son coût de production—porte une surprime de 4 cents pour défrayer le coût de l’élevage des coquelets. Selon Mme Bremer, les
détaillants et acheteurs sont favorables au programme.

« Tout débute quand quelqu’un dit ‘J’en suis capable’. Nous avons besoin de l’aide de ces magasins », dit-elle.

Au début, la ferme vendait la viande de coquelet pour l’alimentation pour bébés. Mais les acheteurs d’oeufs la réclamaient toujours, dit Mme Bremer.

En fait, les acheteurs préfèrent la viande de coquelet riche et foncée à celle du poulet et du faisan. Klein Sustedt vend en ligne du coquelet entier pour l’équivalent de 12 $ la livre, ainsi que des morceaux et des ailes à un prix plus élevé. Aujourd’hui, 24 fermes allemandes vendent du coquelet sous l’étiquette Bruderhahn Initiative Deutchland (BID).

Christine Bremer inspecte un Bruderhahn (coquelet). Elle et son partenaire ont créé un marché pour la viande brune de coquelet.

Christine Bremer inspecte un Bruderhahn (coquelet). Elle et son partenaire ont créé un marché pour la viande brune de coquelet.

Défis de production. Il n’est pas facile d’élever à un poids commercial des poussins coquelets à génétique mâle si éphémère. La génétique initiale produisait des oiseaux d’à peine une livre. La ferme passa à la génétique Lohmann Brown Plus pour obtenir des poules robustes d’élevage sans cage et des mâles à plumes blanches, plus gros et plus vigoureux.

Elle dit que le coût additionnel d’élevage des coquelets a baissé à 7,50 €. Les subventions du gouvernement encourageant les pratiques organiques et le bien-être des animaux aident aussi.

Sur le marché de la production des oeufs, trouver des alternatives à l’élimination des poussins mâles est plus qu’un créneau. En Allemagne, l’importante région productrice de Lower Saxony a l’intention d’éliminer cette année la pratique d’abattage des poussins mâles alors qu’aux États-Unis, United Egg Producers vise une cible de 2020.

Date limite. L’industrie recherche une solution technologique. En Allemagne, en Lithuanie et au Canada, on développe des systèmes de sexage des oeufs basés sur la réaction de leurs fluides internes à des longueurs d’ondes lumineuses spécifiques.

Entre-temps, les coquelets et leurs soeurs de Bauckhof Klein Sustedt élargissent le créneau pour la survie des mâles—quatre cents à la fois.

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