Gaz Naturel

L’herbe des prairies et le fumier de porc s’unissent pour activer la montée du biogaz.

Gaz Naturel

L’herbe des prairies et le fumier de porc s’unissent pour activer la montée du biogaz.

Le monde a besoin de rêveurs et Rudi Roeslein en est un. Sa grande vision de l’avenir réunit deux sources d’approvisionnement inédites—l’herbe de prairie récoltée et les cuves à purin—afin de produire du gaz naturel propre et renouvelable.

« Nous pouvons prendre les déchets d’un élevage de bétail ou de volaille et produire du biogaz, dit M. Roeslein, le responsable de Roeslein & Associates, pionnier mondial en ingénierie, fabrication modulaire et construction ayant son siège à St. Louis. Nous pouvons utiliser l’herbe des prairies comme substrat pour régulariser l’approvisionnement de biogaz. Mon objectif est de voir les agriculteurs restaurer 12 millions d’hectares de prairie naturelle sur 30 ans—non seulement comme source d’énergie mais aussi comme habitat faunique et services écologiques. »

La réalité. Cette vision est plus qu’un rêve et commence à prendre forme. L’équipe de Roeslein Alternative Energy (RAE) fournit déjà du gaz naturel renouvelable au système national. RAE et Smithfield Hog Production ont franchi une borne en 2016 en achevant la première phase d’un projet d’énergie de 120 millions de dollars dans le nord du Missouri.

Le projet comprend l’installation de couvertures imperméables sur les cuves des élevages porcins de Smithfield pour retenir le méthane créé par la digestion anaérobie.

Lagoons at pig finishing sites produce biogas.

Lagoons at pig finishing sites produce biogas.

Le plan consiste à retenir les gaz et à les purifier selon les normes applicables au gaz naturel des pipelines. Le biogaz est chimiquement le même que le gaz naturel fossile.

Utilisant la technologie d’absorption modulée en pression, l’équipement de nettoyage du biogaz a été installé à la ferme Ruckman. C’est l’une des neuf du système Smithfield, et une connexion lui a permis de commencer à injecter du gaz naturel renouvelable dans le pipeline en juin 2016. Ce gaz s’ajoute au pipeline d’American Natural Resources. L’interconnexion fournit le RNG dans un embranchement latéral du plus gros système Trans-Canada Pipeline allant du Kansas à la région des Grands Lacs.

RAE a installé des couvertures synthétiques imperméables sur 41 des 88 cuves des neufs sites de Smithfield. Quand tout sera terminé, les experts estiment que le projet pourrait produire chaque année 2,2 milliards de pieds cubes de gaz de qualité pipeline.

Victoire pour NIR. « La première étape était d’établir la preuve technique du concept, et c’est fait, dit le directeur de RAE, Chris Roach. L’étape suivante consiste à améliorer l’efficacité pour rendre le concept viable. »

L’économique de l’énergie ‘verte’ peut être compliquée ; le gaz naturel renouvelable de ce projet est vendu à un prix attrayant, étant considéré dans le jargon de l’industrie comme un ‘RIN D3’. Un RIN est un numéro d’identification de ressources, utilisé pour identifier et suivre une production de biocarburant dont les utilisateurs ont besoin pour démontrer leur conformité à la norme RFS. Le D3 est le code pour biocarburant cellulosique ; le gaz naturel renouvelable a atteint cette désignation en 2014.

La vision de M. Roeslein fait participer les agriculteurs à la production d’énergie ; c’est là le moteur économique qui mène éventuellement à l’incitatif pour encourager les propriétaires à restaurer la prairie naturelle.

Poussée verte. Rudi Roeslein est un propriétaire terrien du Missouri et aime prendre une vue holistique à long terme de l’agriculture. Il prône les programmes tels le projet Iowa State University’s STRIPs essayant d’intégrer stratégiquement de petites quantités de prairies reconstruites à l’intérieur d’un bassin versant cultural pour rehausser la santé et la diversité du panorama agricole.

Rudi Roeslein vise la restauration de 12 millions d’hectares de prairie.

Rudi Roeslein vise la restauration de 12 millions d’hectares de prairie.

« Nous croyons qu’une prairie naturelle restaurée pourrait être récoltée périodiquement pour fournir un substrat pour un digesteur, dit-il. Cela pourrait aider à régulariser le flux des fermes porcines et fournir un ensem-ble de services écologiques précieux. »

Les bandes de prairies naturelles stratégiquement positionnées à travers une opération agricole peuvent non seulement servir de zone-tampon conventionnelle, mais aussi améliorer l’infiltration de l’eau et séquestrer le carbone. « Les espèces naturelles fournissent aussi un excellent habitat faunique », dit M. Roeslein.

Dans sa vision holistique, les agriculteurs peuvent ainsi bénéficier de sources de revenus plus diversifiés.

« Nous voulons ajouter des pattes au tabouret, dit M. Roeslein. En plus des cultures, ils pourront y trouver un revenu additionnel et fournir des solutions écologiques à la société pour ainsi mitiger le risque économique. » m

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