Le Virage Bleu

Southern Hill Farms change de cap.

Le Virage Bleu

Southern Hill Farms change de cap.

Qui ne songe pas à tout reprendre et faire peau neuve en affaires ? Un nouveau départ nous permettrait de faire exactement ce que nous voulons, ou même de passer à une culture en pleine expansion.

C’est justement ce qu’a fait David Hill en s’installant sur sa seconde ferme de Clermont, en Floride. Malgré lui, en fait. Il avait cultivé avec son beau-père, Billy Long, du maïs, des carottes et d’autres légumes sur les riches terres boueuses de Zellwood, près du lac Apopka. Ils réussissaient et M. Long devint un chef de l’industrie.

En 1965, la U.S. Junior Chamber of Commerce décerna à Billy Long le prix du jeune producteur exceptionnel de la nation. En 2005, il fut intronisé au temple de la renommée agricole. Mais un obstacle monumental se dressa soudain devant eux.

Conçue pour épurer les eaux du lac, la loi Lake Apopka Restoration permettait à l’État de racheter les fermes de cette zone fertile. En 1998, ils ont dû fermer. Les Long ont continué à cultiver plus au sud tandis que les Hill arrivaient à une croisée des chemins. Ils pouvaient complètement changer de métier et tout repartir à neuf.

David Hill voulaient de nouveaux défis et commença sa recherche. En 2000, il acheta de hautes terres sablonneuses entourées de vergers de citrus et y planta 48 hectares en arbres paysagers. L’industrie naissante du bleuet de la Floride les intriguaient, lui et son fils. Après la graduation de Michael en économie agricole à l’Université Auburn en 2010, ils se sont sentis prêts à essayer.

Durant le créneau commercial d’avril/mai, la ferme expédie ses bleuets aux quatre coins du pays.

Durant le créneau commercial d’avril/mai, la ferme expédie ses bleuets aux quatre coins du pays.

Nouvelle culture. « Nous voulions une culture alimentaire à l’abri de la récessison, dit David Hill. Le bleuet ajoutait un département à notre ferme familiale. C’est Michael qui a parti la bleuetterie. Il avait tout appris sur le fruit et a tout fait pour nous lancer. »

Les sélectionneurs de l’Université de la Floride avaient entrepris en 1950 des travaux sur des variétés adaptées au climat de l’État. Ils présentèrent leurs premières variétés en corymbe en 1976. Après l’ajout de variétés améliorées par le sélectionneur de la Floride, Paul Lyrene, dans les années 1990-2000, l’essor fut lancé. Avec un créneau de marketing d’avril/mai entre les bleuets du Chili et ceux de la Géorgie, le ciel devenait bleu.

Mais à cause du pH élevé de cette terre sablonneuse près de Clermont, la culture du bleuet n’aurait pas réussi. La première tâche de Michael fut donc de créer un lit mieux adapté au bleuet. Il ajouta du pallis d’écorce de pin pour abaisser le pH à une gamme acceptable d’environ 5,0.

Michael installa un système souterrain d’irrigation goutte à goutte en plus d’un système aérien pour la protection contre le gel en hiver.

Bien qu’ils cultivent des variétés développées pour le climat chaud de la Floride, leurs bleuetiers ont quand même besoin d’un peu d’aide pour atteindre ce créneau commercial d’avril/mai. Une pulvérisation de cyanamide met la plante en dormance brève. Puis elle forme de nouvelles feuilles et fleurit juste au bon moment.

« Atteindre ce créneau du marché est incontournable pour le commerce du bleuet en Floride. Nous faisons le nécessaire pour y arriver », dit Michael.

« Nous avons tout étudié et savions que la Floride centrale se prêtait bien à cette culture et avait un énorme potentiel. Mais la concurrence s’intensifie. Nous avons d’abord pensé aux agrumes mais les avons abandonnés, fort heureusement. La maladie du dragon jaune du citrus entraîne d’énormes coûts de production. »

Depuis qu’ils ont replanté cette vieille terre à citrus avec des arbres paysagers et des bleuetiers, les Hill ont doublé leur superficie en bleuets à 16 ha, offert le libre-service, intensifié leur présence sur les médias sociaux et établi un partenariat pour le conditionnement de leurs bleuets et de ceux d’autres producteurs.

« La concurrence s’intensifie. Il faudra accroître les rendements pour abaisser les coûts et faire preuve d’innovation. C’est vraiment ce qui nous motive », dit David Hill.

Optimiser le commerce du bleuet permet de créer de la place sur la ferme pour le jeune frère de Michael, Kyle, et sa soeur, Rachael Criswell. « C’est bien que nous puissions travailler ensemble. Nous formons vraiment une ferme familiale. Chacun a son rôle à jouer », dit David.

Expansion soutenue. « Nous grandissons chaque année. L’ouvrage ne manque pas. Papa se fie à nous. Il demeure le patron mais nous laisse mener l’entreprise », dit Kyle qui s’occupe surtout d’agronomie.

La ferme offre la cueillette en libre-service et commerciale du bleuet. Les Hill conditionnent leurs propres bleuet et ceux d’autres fermes de la Floride.

La ferme offre la cueillette en libre-service et commerciale du bleuet. Les Hill conditionnent leurs propres bleuet et ceux d’autres fermes de la Floride.

Brooke, l’épouse de Michael, s’occupe du libre-service en plus de ses fonctions de marketing. Elle a vite rentabilisé ce secteur.

Rachael, ancienne institutrice à l’élémentaire, lit beaucoup sur le bleuet et a aidé à organiser le marché de ferme où elle vend les friandises, boissons, sirops, vinaigres, lotions, miel de 150 ruches pollinisant les bleuets, et autres produits faisant la promotion de la ferme. Elle s’occupe aussi des randonnées en charrette tirée par un tracteur de la ferme.

« Je veux simplement que les visiteurs découvrent la ferme de façon agréable », dit Rachael.

« La communauté nous a à coeur. Nous sommes très fortunés que les gens veulent être ici, dit Lisa Hill, la jeune mère dont le père, Billy Long, a lancé l’entreprise agricole familiale en Floride dans les années 1950.

Bleuets à volonté. Les Hill s’affairent à garder l’optique sur le bleuet dans le centre de la Floride. Ils organisent la course U-Run U-Pick 5K sur les chemins de terre entourant la ferme, avec 800 participants venus manger des crêpes aux bleuets et repartant avec un demi-kilo de bleuets.

« C’est un site d’entraînement recherché des coureurs en raison de nos chemins d’argile », dit Michael.

Leurs nombreux clients en libre-service trouvent beaucoup d’activités familiales à la ferme. Une cueillette de fonds pour une école locale, avec souper à la belle étoile. Une brasserie locale utilise même leurs bleuets pour assaisonner une bière locale. « Un goût très intéressant. C’est vraiment incroyable tout ce qu’on peut faire avec les bleuets », ajoute Michael.

En octobre dernier, la ferme a organisé un festival avec bouffe, jeux et musique pour devenir une destination pour la communauté. En outre, Southern Hill Farms reste en contact avec ses clients par le biais de Facebook, Twitter, Google+ et un site Web.

« L’histoire des Hill est si cool. Michael, Kyle et Rachael sont la troisième génération à cultiver et conditionner les fruits et légumes dans cette région. Des carottes et du maïs, ils sont passés aux arbres paysagers et maintenant aux bleuets. Ils réussissent bien. Leur opération en libre-service gagne en popularité. L’industrie du citrus de notre région continue de souffrir. Les Hill ont réussi dans un secteur complètement différent », dit Erin Vermillion, agent des prêts du crédit agricole de la Floride centrale à Apopka. « Le plus important pour moi est de travailler avec la famille. C’est vraiment ce qui compte le plus », conclut David Hill.

Read more