Légumes Secs

Des cultures qui bénéficient aux producteurs du Montana.

Légumes Secs

Des cultures qui bénéficient aux producteurs du Montana.

En traversant la région nordique du Montana, on peut apercevoir le miroitement du soleil sur les silos à grain flambant neufs et l’équipement agricole de modèle récent. La région Hi-Line, comme on l’appelle par là, s’appuie sur une riche tradition de production de blé. Mais ce n’est pas ce que l’on transporte quand commence la moisson de fin d’été et que la farandole des camions s’achemine vers les élévateurs. En fait, avec le déclin des marchés et la production surabondante de blé, une grande partie de la récolte de l’an dernier attend toujours preneur. Il y a vingt ans, cette situation en aurait découragé plus d’un.

Mais ce n’est pas le blé qui a établi les bases de la prospérité des fermes bien entretenues et bien équipées de la région. Ce sont les légumes secs qui ont été le moteur de la rentabilité des deux dernières décennies.

Bouée de sauvetage. « J’ai semé mes premiers champs de lentilles en 1993 après 10 années de sécheresse, dit Grant Zerbe en observant une moisson abondante de blé sur sa ferme près de Frazer, Montana. Nous avions enfin l’humidité pour une bonne culture de blé en 1992, comme tous les autres producteurs d’ailleurs. Les prix ont donc coulé, comme cette année. » Alors que son moniteur de rendement affiche 50 boisseaux de blé, il s’attend à couvrir uniquement ses frais. Fort heureusement, il a d’autres atouts : ses cultures de légumes secs à grande valeur incluant le pois jaune, le pois vert, le pois chiche et la lentille. « Les pois à 6 $ le boisseau vont rapporter mais c’est la lentille et le pois chiche qui vont vraiment nous propulser cette année », dit-il.

Grant Zerbe espère que légumes secs assureront l’avenir de son fils et son petit-fils.

Grant Zerbe espère que légumes secs assureront l’avenir de son fils et son petit-fils.

Changement. Monsieur Zerbe fut l’un des premiers de la région à cultiver les légumes secs. Sa rotation traditionnelle blé-jachère orientait alors sa ferme vers un avenir douteux et il décida d’imiter ses voisins du Canada qui semblaient réussir assez bien avec leurs cultures de légumes secs.

Sa première culture de lentilles n’était peut-être pas superbe mais quand même assez suffisante pour nourrir son enthousiasme. En 1999, il adopta les pratiques de semis direct pour conserver l’humidité. « Les légumes secs prennent deux fois moins d’humidité que le blé, ce qui équivaut plus ou moins à la jachère », dit-il. Mais avec des avantages.

Les légumes secs fixent l’azote de l’atmosphère et M. Zerbe réduit donc ses coûts de fertilisants. Et avec le semis direct et la culture continue, la santé du sol s’améliore, incluant un apport de matière organique et une meilleure structure du sol permettant de mieux retenir l’humidité précieuse.

La rotation diversifiée a aidé à éliminer ou réduire les problèmes de parasites et de maladies. « Nous n’avons vraiment plus à nous inquiéter de la mouche à scie qui nous dévastait autrefois, dit-il. Et il y a beaucoup moins de champignons dans notre blé. La rotation des légumes secs nous bénéficie tellement. » Ajoutez à cela un meilleur bilan alors que comme tant d’autres dans la région, il frôlait dangereusement l’échec en cultivant uniquement du blé.

Monsieur Zerbe attribue aussi aux légumes secs le retour de son fils vers la ferme. « Si j’avais continué avec la rotation blé-jachère, j’aurais tout perdu dans les années 1990, dit-il en riant. La diversité des légumes secs a ramené le côté intéressant dans l’entreprise. Mon fils a pigé et nous pouvons travailler ensemble à planifier nos rotations et adapter nos opérations de moisson pour la prochaine culture. Et nous pouvons spéculer sur la multitude des marchés pour les légumes secs. »

Mais les marchés n’étaient pas toujours abondants. Au début, M. Zerbe et d’autres producteurs devaient amener leurs produits aux élévateurs du Canada. Mais les installations de marketing de grain se sont vite pointées.

« Nous avons vu d’autres producteurs désireux d’inclure les légumes secs dans leurs rotations et avons fait les investissements pour fournir ce qu’il fallait », dit Jeff VanPevenage, président et PDG de Columbia Grain. La recherche mondiale effectuée par la compagnie fit ressortir des créneaux intéressants pour un produit propre et de haute qualité.

Leurs efforts pour satisfaire à ces demandes fournirent des occasions de marketing et ménagèrent des emplois. Face à la popularité croissante des trains de 110 wagons ou plus spécialisés pour l’expédition des céréales, les plus petites installations étaient menacées. « Nous avons pu convertir un petit élévateur à grain de Chester, Montana, en installation de traitement de pois et lentilles, dit M. VanPevenage. Ils sont passés de 3 à 12 employés en service 24/7 pour desservir les marchés du légume sec. »

La popularité des légumes secs s’aligne sur les consommateurs qui veulent des options alimentaires plus saines.

La popularité des légumes secs s’aligne sur les consommateurs qui veulent des options alimentaires plus saines.

Columbia Grain offre les produits nettoyés ou en vrac. « Certains pays, comme l’Inde, ont de bonnes installations de nettoyage alors que d’autres n’achètent que des produits nettoyés. Ainsi, nous pouvons toujours fournir un bon marché aux producteurs », dit-il.

Vie saine. Les légumes secs sont des dynamos de la protéine et un aliment de base toujours en demande : « Il suffit de faire bouillir un plat de lentilles pour avoir une soupe à 22 % de protéines, dit M. Zerbe. Les légumes secs peuvent nourrir les masses affamées. Ce serait impossible de le faire dans le tiers-monde avec le boeuf ou le blé. » L’intérêt pour les légumes secs augmente ici aussi. « Les milléniaux recherchent une alimentation saine et les légumes secs offrent une foule d’avantages. Le marché de l’humus est en plein essor. » Monsieur Zerbe espère que les efforts actuels activeront la croissance des marchés.

« C’est vraiment fascinant de voir comment les cultures de légumes secs sont devenues viables dans notre région », conclut M. Zerbe.

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