Peaux grand chic

Les sacs à main de luxe sont très lucratifs. Après qu’un sac rose Hermès Birkin en peau de crocodile avec accessoires or et diamant eut mérité 233 000 $ US à une enchère Christie’s de Kong en July 2015, le magazine Fortune publia un article concluant qu’un tel investissement pouvait s’avérer très sage. Voilà de […]

Peaux grand chic

Les sacs à main de luxe sont très lucratifs. Après qu’un sac rose Hermès Birkin en peau de crocodile avec accessoires or et diamant eut mérité 233 000 $ US à une enchère Christie’s de Kong en July 2015, le magazine Fortune publia un article concluant qu’un tel investissement pouvait s’avérer très sage. Voilà de […]

Les sacs à main de luxe sont très lucratifs. Après qu’un sac rose Hermès Birkin en peau de crocodile avec accessoires or et diamant eut mérité 233 000 $ US à une enchère Christie’s de Kong en July 2015, le magazine Fortune publia un article concluant qu’un tel investissement pouvait s’avérer très sage.

Voilà de bonnes nouvelles pour Angela et Peter Freeman, propriétaires de Hartley’s Crocodile Adventures près de Cairns, Queensland, l’une des 14 fermes de crocodiles de l’Australie. La peau de crocodile marin est très recherchée par les maisons de mode de la trempe de Louis Vuitton et Hermès en raison de sa qualité. Un marché existe pour chaque peau impeccable.

Rareté. Le sac le moins cher de Birkin se vend 12 000 $ US, mais celui fait d’une peau parfaite de crocodile marin et orné d’or et de diamants peut dépasser les 200 000 $ US. La mystique tient au fait que même si on peut se l’offrir, on ne peut pas l’acheter tout bonnement au magasin. Ces sacs sont si rares que les maisons de mode les réservent à leur meilleure clientèle.

En posséder un est un signe de prestige ! Un symbole si puissant que l’auteur Wednesday Martin a consacré 30 pages de son autobiographie controversée de 2015, “Primates of Park Avenue : A Memoir,” à ses efforts pour s’en procurer un.

Oeuvre d’art. « On parle beaucoup du prix élevé de ces sacs à main de luxe, mais selon M. Freeman, ce sont de véritables oeuvres d’art. C’est comme parler d’un Rembrandt ou d’un Monet et dire qu’il ne vaut pas ce que les gens sont prêts à payer. En réalité, vous payez pour les centaines d’années de compétence accumulée que les artisans des maisons de mode ont mis dans le produit. Certains de troisième ou de quatrième génération ont été formés par leurs grands-parents. »

Les Freeman récoltent environ 1000 peaux de crocodile par année ; les animaux proviennent des oeufs de leurs animaux reproducteurs. Mais ils ont en tout temps de 3000 à 4000 animaux sur place. Ils sont élevés de la façon la plus humaine possible dans le respect de l’environnement. C’est important pour leur opération et pour l’industrie.

Examen attentif. « Étant ouverts au public, on nous examine de plus près, dit M. Freeman. Nous expliquons aux visiteurs ce que nous faisons chaque jour. C’est le seul parc faunique en Australie à border une forêt du Patrimoine mondial et nous avons l’obligation de ne pas endommager et de préserver ou améliorer ce milieu fragile.

« L’éthique animale est ici traitée très sérieusement, dit Monsieur Freeman. Nous adhé­rons à un code de pratiques très strictes et notre industrie est contrôlée par les organismes de réglemen­tation de Queensland. »

Les maisons de mode ont besoin de deux peaux supérieures pour chacun de leurs sacs haut de gamme, dit M. Freeman. Le motif d’écailles de chaque peau est unique.

Les peaux de qualité supérieure doivent avoir un motif uniforme et un nombre minimum d’écailles de forme inhabituelle. Elles ne peuvent pas avoir la moindre imperfection que le processus de tannerie ne corrige pas.

« Les représentants des maisons de mode achètent directement de nous, dit M. Freeman. Ils savent exactement ce qu’ils recherchent et décident l’achat en moins d’une minute. Ils exa­minent la perfection de la section ventrale servant à fabriquer les sacs à main. »

Les écailles ne doivent pas avoir de piqûres causées par les bactéries. D’autres imperfections peuvent être les égratignures et les morsures d’autres bêtes ou les stries causées par une croissance trop rapide.

« Une peau parfaite rapporte facilement de 700 à 1000 $, dit M. Freeman. Mais la valeur chute considérablement si un quadrant essentiel est endommagé. »

Mais il y a plus à récolter que la peau de crocodile, ajoute M. Freeman. Par exemple, la viande hachée sert à préparer des saucisses et des burgers. On sert aussi le crocodile dans divers plats au restaurant surplombant le Hartley’s Lagoon. Les carcasses sont transformées en fertilisant organique et on vend les têtes et les pieds comme souvenirs. L’objectif est de ne rien gaspiller ; ils vendent même le fumier de crocodile sous la marque “Croc Crap” en petits sachets dans la boutique à cadeaux.

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