Promoteur de l’arachide

Recherche de l’héritage actuel de Carver.

Promoteur de l’arachide

Recherche de l’héritage actuel de Carver.

Demandez à Siri, dévouée recherchiste d’iPhone, qui a inventé le beurre d’arachide et elle répondra que c’est George Washington -Carver. Et pourtant non car c’est le Montréalais Marcellus Gilmore Edison qui a breveté en 1884 la pâte d’arachide. John Henry Kellogg, le célègre magnat des céréales du matin, le produisit et le servit à ses patients du sanatorium de Battle Creek au début du 20e siècle. Les Aztèques et les Incas utilisaient un produit ressemblant au beurre d’arachide.

D’accord, Carver n’a peut-être pas inventé le beurre d’arachide, mais a légué de nombreuses façons d’utiliser les cultures, de l’arachide à la patate douce, du haricot au soja. Il a aussi amélioré les cultures du Sud. Bien qu’on l’ait surnommé Mister Peanut, il représente tellement plus.

Grande renommée. Sa réputation de scientifique agricole s’étendait dans le monde entier. Au moins trois présidents ont vanté son génie. Henry Ford l’a souvent consulté. Le prince héritier de la Suède passa trois semaines à ses côtés. Pas mal pour un ancien esclave né à ce qui est aujourd’hui Diamond, Missouri, durant la Guerre civile.

Pour découvrir la nature véritable de George Washington Carver, visitez Tuskegee, Alabama, à environ 65 kilomètres à l’est de Montgomery. Ici, au musée de George Washington Carver, sur le campus de l’université Tuskegee, on peut palper l’ampleur, la passion et la force de ses recherches.

« Botaniste et nutritionniste, il était aussi artiste, éducateur et humanitaire. Il aimait la nature, était religieux et enseigna la Bible pendant plusieurs années. Il développa de nouveaux moyens d’atteindre les agriculteurs. Il était très en avant de son temps, de bien des façons », dit Shirley Baxter, garde du National Park Service, Tuskegee Institute National Historic Site, opérant le musée de Carver.

Le musée de George Washington Carver à l’université Tuskegee montre comment sa recherche influe sur notre monde.

Le musée de George Washington Carver à l’université Tuskegee montre comment sa recherche influe sur notre monde.

Carver commença à enseigner à l’institut Tuskegee en 1896, quelques années après sa maîtrise du Iowa State Agricultural College. Booker T. Washington, fondateur de l’institut Tuskegee, finit par le persuader de venir dans le sud, là où les étudiants pourraient voir quelqu’un comme lui dans des rôles de leadership.

Malgré de nombreuses offres découlant de sa réputation grandissante, Carver ne quitta jamais ce petit établissement qui encore aujourd’hui compte à peine 3100 étudiants.

Il décéda en 1943 et fut enterré ici à proximité de Booker T. Washington. Carver resta célibataire et vécut dans un dortoir pendant ses 47 années passées ici. Frugal, il s’alimentait souvent de plantes sauvages qu’il cueillait dans la forêt avoisinante.

Intérêts variés. « Il s’intéressait aux plantes médicinales et comestibles. Il servit à Henry Ford tout un repas de plantes d’ici. Il s’intéressait à tout. Il était expert des champignons. On trouve une partie de sa collection à l’université du Wisconsin. Il recueillit des données météorologiques au début des années 1900. Il développa une classe mobile pour visiter les agriculteurs. Il travailla aux assolements et cultures alternatives. La liste n’a pas de fin », dit Mme Baxter.

Carver poussa plusieurs paysans à essayer l’arachide.

Carver poussa plusieurs paysans à essayer l’arachide.

Carver enseigna aux agriculteurs locaux la valeur des cultures comme l’arachide et le haricot en plus du coton. Elles réduisaient l’érosion alors causée par le coton et fournissaient des marchés additionnels et de la nourriture pour la table.

Il aimait particulièrement la patate douce et développa plusieurs utilisations pour la culture. La NASA a basé une partie de sa recherche hydroponique sur son étude de la patate douce. Les scientifiques de Tuskegee encouragent présentement les paysans d’Afrique à cultiver la patate douce orange pour sa haute valeur en vitamine A, un autre legs de Carver.

Grande influence. Carver aimait la peinture et l’artisanat textile. Plusieurs de ses oeuvres ornaient le premier musée qu’il finança de ses propres économies. En 1947, le feu ravagea presque tout. Il reste encore quelques-unes de ses oeuvres dans le musée actuel.

Madame Baxter grandit dans le Mis-souri, près du lieu de naissance de Carver. Son premier livre d’enfant portait sur ce scientifique. « C’est incroyable, le nombre de gens qui ont été touchés par Carver », dit-elle.

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