Propre et vert

Le filtre Phytobac épure l’eau de rinçage du pulvérisateur.

Propre et vert

Le filtre Phytobac épure l’eau de rinçage du pulvérisateur.

Quand la pulvérisation est terminée, les agriculteurs et applicateurs à forfait affrontent un dernier défi : nettoyer les quelques derniers litres d’eau de rinçage.

En Europe, les scientifiques ont déterminé que plus de la moitié des pesticides polluant les ruisseaux provenaient des postes de remplissage et de rinçage. La réglementation sur la qualité de l’eau se resserre et l’industrie a réagi avec une solution très élégante — faire appel aux microbes du sol pour en dégrader les derniers vestiges des produits de protection.

Bayer CropScience a mené le déve-loppement du système Phytobac que l’on peut construire soi-même ou com-mercialement. L’eau de rinçage se déverse dans un réservoir, d’où elle est pompée dans un système d’irrigation goutte-à-goutte qui l’applique dans une boîte à mélange de sol et de paille. Les microbes et les plantes convertissent les résidus chimiques en molécules inoffensives pendant que l’eau est éliminée par évaporation.

Population microbienne. À la ferme de Bernd Olligs en Allemagne de l’Ouest, David Lembrich, directeur chez Bayer CropScience, explique que le secret réside dans le sol.

« Le sol provient de la terre du producteur, souligne-t-il. Il s’y trouve déjà une population microbienne acclimatée à ces produits chimiques. »

Construit en 2012, son Phytobac peut traiter environ 9000 litres d’eau de rinçage durant la saison de croissance allemande, qui dure de 6 à 7 mois. C’est aussi le temps qu’il faut pour réduire la concentration des produits chimiques de l’eau de rinçage à des niveaux négligeables.

Le bio-lit—un mélange de 70 % de terre et 30 % de paille dans un bac en béton de 30 mètres—est maintenu à 70 % de la capacité d’humidité du champ pour garder les microbes heureux, sains et affamés.

Lutte acharnée. Les tensiomètres mesurent l’humidité du sol à une profondeur de 15 centimètres, aidant M. Olligs à maintenir le bon niveau d’humidité. Le toit translucide du bio-lit élève la température du sol de 2 à 3 °C et dirige l’air sur la surface pour accélérer l’évaporation. Les plantes attirent l’humidité par transpiration.

« Nous avons besoin de la chaleur et du vent pour l’évaporation. C’est le moteur de la perte de liquide », dit M. Lembrich.

L’irrigation goutte-à-goutte applique la solution à un mélange de terre et paille dans un Phytobac. L’Europe en compte plus de 3000.

L’irrigation goutte-à-goutte applique la solution à un mélange de terre et paille dans un Phytobac. L’Europe en compte plus de 3000.

Bayer a installé des Phytobac à ses installations de recherche à travers le monde. Les agriculteurs peuvent construire le leur avec des matériaux standard ou l’acheter du fabricant hollandais Beutech, qui a conçu et construit des Phytobac en Europe, en Chine, en Australie et au Canada.

Au siège social de Beutech Agro de Steenwijk, Sander Koster dit que le coût du système peut varier selon la taille, le climat et les frais d’installation.

Ralph Bagwell, directeur de la gérance des produits chez Bayer Crop-Science aux ÉtatsUnis évalue à 15 000 $
l’installation d’un Phytobac.

Réglementation. En Hollande, M. Koster dit que certains gouvernements européens exigent un traitement d’eau de rinçage du pulvéri-sa-teur comme le Phytobac. Aux États-Unis, M. Bagwell dit que de tels systèmes pourraient un jour être intégrés au programme de qualité de l’eau.

« Je crois qu’on s’y intéressera au ni-veau de la ferme, dit M. Bag-well. J’en connais plusieurs qui y pensent. Ils s’inquiètent de plus en plus de la pollution des sources ponctuelles et n’ont pas de moyens de s’occuper facilement de l’eau de rinçage des pul-vérisateurs. »

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