Réussir le test de Ben

Les parents d’enfants à allergies alimentaires adorent ce boeuf naturel du Québec.

Réussir le test de Ben

Les parents d’enfants à allergies alimentaires adorent ce boeuf naturel du Québec.

Le boeuf naturel de la ferme Priest Creek de Neilon Donovan et Tammy McGarry de Poltimore, au Québec, a passé haut la main le test de Ben Miller. Ce fut en effet la première fois que le jeune garçon de 11 ans de Baden, en Ontario, a pu en manger sans déclencher de crise épileptique tonico-clonique.

La technologie moderne peut détecter les impuretés des aliments à de très faibles niveaux. Mais le système de Ben en est incapable.

« Ben souffre de multiples allergies alimentaires (en plus de l’infirmité motrice cérébrale, d’un déficit cognitif, d’épilepsie et de légers troubles autistiques), selon sa mère, Christie Miller. Il rejette pratiquement tous les fruits et toutes les protéines, graines, céréales et solanacées. Toute consommation, même sous forme d’additif, modifie son comportement et mène à de graves troubles digestifs. Le pire est pour lui de subir jusqu’à vingt crises épileptiques tonico-cloniques par jour. »

Les spécialistes en nutrition que la famille Miller a consultés lui ont dit que Ben bénéficierait d’une diète hyperprotéinée riche en graisse. Trouver cette viande s’avéra toutefois difficile.

Christie Miller doit toujours surveiller l’alimentation de Ben.

Christie Miller doit toujours surveiller l’alimentation de Ben.

Poltimore est située à 600 kilomètres de Baden. Ce fut par pur hasard que les Miller ont eu l’occasion que d’essayer le boeuf surgelé des Donovan et McGarry, et les capons qu’ils vendaient pour un voisin.

Passionné. Son amie, SueAnn Mc-Garrigal, avait un chalet près de la ferme Priest Creek dans les collines de la Gatineau, au Québec. Le père de SueAnn était si ravi des produits de la ferme qu’il en ramenait de pleines glacières à chaque retour de vacances. SueAnn était au courant de la situation de Ben et donna à la famille Miller quelques poulets et du boeuf à essayer.

Madame Miller et son mari Gerrat Rickert ont développé une solide aptitude à tester la tolérance de Ben à la nourriture, suivant un protocole spécifique avant d’ajouter n’importe quel nouvel aliment à sa diète.

Le test de Ben. Christie ajoute une portion du nouvel aliment à l’essai à un repas de Ben. Elle surveille alors pendant deux ou trois jours tout comportement anormal ou tout signe de crise. S’il n’a pas de réactions, le test est repris trois ou quatre fois, juste pour être sûr. Jamais de raccourcis.

« En tant que diplômée de l’Université Guelph, je sais très bien qu’il existe des tests plus scientifiques, affirme Mme Miller. Mais notre test de Ben à nous est certainement précis.

Le capon et le boeuf ont subi le test haut la main. Selon Mme Miller, c’est un témoignage irréfutable des normes de qualité des Donovan et McGarry.

« Nous voulons élever des animaux sans drogues ni stéroïdes et n’utilisons jamais de paraticides artificiels, hormones, promoteurs de croissance et antibiotiques, précise M. Donovan. Cela exige une bonne génétique. Trop d’éleveurs ne comprennent pas l’importance de connaître leurs numéros EPD. C’est comme vouloir bâtir une maison sans fondation. »

Personne ne sait pourquoi Ben peut tolérer le boeuf de Priest Creek. Mais Christie en est très heureuse.

Personne ne sait pourquoi Ben peut tolérer le boeuf de Priest Creek. Mais Christie en est très heureuse.

Les Donovan et McGarry pratiquent l’insémination artificielle de leurs 50 vaches de race mélangée Black Angus et Charolais. Un des critères est de sélectionner des animaux qui produisent de bons gains sur herbe en saison de croissance. Ils les finissent avec un mélange de foin sec et un peu d’orge de leur ferme. Le boeuf reçoit aussi une ration d’ensilage. L’objectif est d’arriver au poids marchand en 17 mois.

Post EBS. Le couple commença à vendre directement son boeuf surgelé en 2003 dans le sillage de la crise EBS. M. Donovan dit avoir une bonne base de clients auprès des villégiateurs venant des régions d’Ottawa et de Montréal. Ils vendent aussi aux restaurants chics et aux boucheries artisanales et spécialisées de Montréal.

Il dit que le secret de leur réussite est de vendre un produit de haute qualité et de renseigner les clients sur la façon dont ils élèvent leurs animaux.

« Une bonne traçabilité au niveau du système de transformation est tout aussi incontournable, fait-il remarquer.
Faire savoir aux divers transformateurs du réseau que vous avez retiré quelques poils de la queue de chaque animal expédié pour tester l’ADN maintient l’honnêteté de chacun. »

Ni les Donovan et McGarry ni Mme Miller ne savent pourquoi Ben ne peut manger que ce boeuf alors qu’il en rejette tant d’autres. Mais Mme Miller en est très heureuse.

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