Solution Yak

L’ADN du yak semble être à la hauteur.

Solution Yak

L’ADN du yak semble être à la hauteur.

Qui est Bos ? Eh bien, tout dépend de l’emplacement du pré. Le Bos indicus bossu et aux oreilles molles règne dans les climats chauds et tropicaux. Le Bos taurus préfère le climat froid ou modéré. Mais dans les pâturages à haute altitude, le Bos grunniens (yak) l’emporte haut la main et pourrait très bien recéler la solution à la terrible maladie d’altitude.

Natif du plateau du Tibet, principalement situé à plus de 4300 mètres au-dessus du niveau de la mer et entouré de splendeurs comme le mont Everest, le yak est bien adapté à la vie au sommet. Par contre, le bétail domestique Bos taurus tolère mal les hauteurs. À environ 1800 mètres, l’animal devient vulnérable à la maladie d’altitude, selon Mark Stayton, professeur de biologie moléculaire à l’Université du Wyoming. Le fluide s’accumule dans la poitrine, le ventricule droit gonfle et l’arrêt cardiaque ou l’infection des poumons entraîne la mort.

Lenteur. « On comprend depuis près d’un siècle la sensibilité à l’altitude et les éleveurs travaillent activement depuis longtemps à enrayer la maladie, mais il s’est avéré très difficile de l’éliminer complètement », dit M. Stayton. Il précise que les pertes dues à la maladie d’altitude demeurent à environ 5 % dans les troupeaux vaches/veaux, avec incidences anecdotiques récentes de la maladie à de moindres élévations comme dans l’ouest du Nebraska. « L’animal semble normal puis la maladie arrive après plusieurs vêlages. C’est un caractère polygénique difficile à éliminer. »

C’est pourquoi M. Stayton a fait équipe avec Doug Zalesky, directeur de l’Université du Wyoming, Laramie, et Scott Lake, spécialiste des sciences animales, pour déterminer si la génétique du yak pouvait contribuer à l’amélioration du bétail domestique.

Restes d’ADN. En phytologie, il est commun d’introduire un caractère recherché dans une espèce domestique par croisement avec une espèce sauvage puis en prenant le croisement et le ramenant à la lignée domestique pour en venir à tout éliminer, sauf le caractère voulu. C’est la stratégie pour le yak et le bétail. Les espèces ont déjà été croisées, mais avec des résultats peu favorables pour un éleveur de boeuf.

Le tricot de vêtements en fibre de yak aide à tirer plus de valeur de la fibre dispendieuse.

Le tricot de vêtements en fibre de yak aide à tirer plus de valeur de la fibre dispendieuse.

« Quand on voit un demi-yak sur le plateau du Tibet, il ne ressemble pas à une vache de production, dit M. Stayton. Mais en utilisant la génétique Angus de haute qualité, le premier croisement ressemble de très près au bétail. » Il espère que trois ou quatre générations de rétrocroisements suffiront à produire une vache d’influence yak ayant tous les caractères positifs que les éleveurs recherchent pour la tolérance à l’altitude. « À la fin, nous atteindrons probablement un point où il ne restera qu’une fraction d’un pourcent d’ADN de yak », dit il.

Il sera critique de minimiser l’influence du yak pour le succès général du programme car il a certains caractères indésirables pour la production moderne de boeuf. « L’animal est plus petit, plus lent à atteindre la maturité, a une épaisse toison qui déplaît aux transformateurs, et a de grosses cornes, dit M. Stayton. Tout cela doit éventuellement disparaître pour arriver au succès. »

Bien que la sélection aurait pu réussir depuis des décennies, explique-t-il, c’est l’évolution récente du séquençage de l’ADN qui pourrait permettre d’éliminer pour de bon cette fois-ci la maladie d’altitude. « Nous pouvons passer à l’étape suivante et déterminer l’ADN précis et sa corrélation avec la fonction », dit-il. En plus d’aider ses cousins en mal de hauteur, le yak peut aussi avoir créé son propre créneau, ou même ses deux ou trois créneaux dans la production agricole.

« C’est l’animal polyvalent par excellence, affirme Mike Swartz, sélectionneur de yaks de Cody, dans le Wyoming. Vous avez la viande, la fibre et la reproduction. Vous pouvez les dresser comme bêtes de somme et pour le marché amateur.

Depuis 18 ans, Mike Swartz élève des yaks pour la viande, la fibre et le marché.

Depuis 18 ans, Mike Swartz élève des yaks pour la viande, la fibre et le marché.

Monsieur Swartz et son épouse, Cathy, vendent la viande de yak en ligne et aux marchés agricoles de la région. Il y a des défis. « Il a fallu un an pour avoir l’approbation de l’USDA et les étiquettes approuvées. Que d’arias ! », dit-il. Mais le produit est bien reçu. La viande de prairie n’a que 3 % de gras et se vend un peu plus cher que le boeuf. Les bêtes sont abattues à 3 ans. « Pour vendre 10 bêtes par année, il faut en avoir 30 sur le terrain », explique M. Swartz. La fibre présente aussi ses défis. Comparable au cachemire, on la récolte par peignages multiples à la mue printanière. Puis la filature coûte 22 $ par écheveau, poussant son prix de détail à 50 $, un prix fort dans leur marché. Mais les yaks vendus au marché amateur ou comme animaux dressés méritent un meilleur prix.

Économes. Malgré sa croissance plus lente que le boeuf, le yak l’emporte sur d’autres plans. Par exemple, il lui suffit de 44 % de l’alimentation requise pour le boeuf domestique, dit M. Swartz, et il vit longtemps.

Monsieur Swartz a élevé des yaks laineux avec franges touchant le sol, mais se concentre maintenant sur les bêtes d’embouche plus dociles. Dans un petit marché, la production d’un stock reproducteur est très rentable.

« C’est un animal unique et polyvalent, dit-il. Il ne faut pas se faire d’illusions, le yak ne remplacera jamais le boeuf, mais on peut faire tant de choses différentes avec cet animal. »m

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